LES ACHATS EN PRIMEUR
Faut-il acheter son vin en primeur ? Cette formule de vente de vin développée par les Bordelais a connu un joli succès au cours des années 1980. Il serait d'ailleurs préférable de parler de ventes ou d'achats par souscription.
Vin en primeur.
© Paul W
Le principe est simple: acquérir un vin avant qu'il soit élevé et mis en bouteilles à un pris très inférieur à celui qu'il atteindra lorsqu'il sera livrable.
Les souscriptions sont ouvertes pour un temps limité et pour un volume contingenté, généralement au printemps et au début de l'été qui suit les vendanges. L'acheteur verse la moitié du pros convenu à la commande et s'engage à solder sa dette à la livraison des flacons, c'est-à-dire douze à quinze mois plus tard.
Ainsi le producteur touche-t-il rapidement de l'argent frais et l'acheteur peut réaliser une bonne opération lorsque les cours des vins augmentent. Ce fut le cas des années 1974-1975 jusqu'à la fin des années 1980. Ce type de transaction s'apparente à ce que l'on nomme, à la Bourse, le marché à terme.
Que se passe-t-il si les cours s'effondrent (surproduction. crise, etc.) entre le moment de la souscription et celui de la livraison ? Les souscripteurs paient leurs bouteilles plus cher que ceux qui n'ont pas souscrit. Cela s'est déjà vu, cela se revoit. À ce jeu spéculatif et dans le but d'assurer leur approvisionnement, de grands négociants se sont ruinés. Il est vrai que leur contrat était d'autant plus risque qu'il portait sur plusieurs années.
Lorsque tout va bien, la vente en primeur est sans doute la seule façon de payer un vin en dessous de son cours (20 à 40 % environ). Les ventes en primeur sont organisées directement par les propriétaires, mais elles sont également pratiquées par des sociétés de négoce et des clubs de vente de vin. |