ETIQUETTES VIN
La valse des
etiquettes vin, véritables pièces de collection, les étiquettes qui habillent les bouteilles de vin sont souvent très sophistiquées, très séduisantes, mais il n'est pas toujours facile de les déchiffrer...
Bien lire l'étiquette.
© Andreas Nilsson.
Très pratiques, ces étiquettes sur les bouteilles de vin ! Sans elles, impossible de distinguer les innombrables cuvées présentes sur le marché. Un vigneron anticonformiste qui s'était amusé à remplacer les étiquettes de ses bouteilles par de simples bagues de caoutchouc multicolores placées autour du goulot s'est vu refuser la commercialisation de ses produits pour défaut d'étiquetage.
Sans étiquette, comment savoir ce que contient une bouteille et surtout, si cela nous plaira ? Même si ce petit morceau de papier ne permet pas de percer tous les secrets d'un vin, mieux vaut apprendre à le décrypter pour éviter les mauvaises surprises après l'achat. Voici comment lire une étiquette.
Le nom du vin
« Cuvée Hippolyte », « Esprit d'été » ou encore « Caveau des moines », on peut baptiser son vin au gré de sa fantaisie pour frapper l'imagination de l'acheteur, qui associera ensuite un nom à un goût précis. Cette pratique est courante dans le commerce des vins de marque, élaborés par assemblage de différents vins sélectionnés pour maintenir une typicité propre et une qualité constante.
Heureusement, en France, on ne peut pas mettre n'importe quoi sur l'étiquette. Par exemple, vous ne pouvez pas appeler un vin « moulin Untel » s'il n'y a pas eu de moulin existant réellement, et « le Clos Untel » doit forcément correspondre, sur le cadastre, à un clos réel, même si, depuis le temps, les murs ont pu être rasés.
La ronde des Châteaux
Il y a beaucoup plus de châteaux sur les étiquettes des vins de Bordeaux que dans la réalité : 12 700 noms de châteaux sont recensés, mais quand on se promène dans le vignoble, on voit surtout de grosses granges Cette entorse à la règle agite le petit monde des juristes depuis 1923. Après plusieurs procès, les juges ont finalement conclu que la notion de château bordelais n'est pas liée à l'existence d'une construction architecturale pouvant être qualifiée de château.
En revanche, différentes juridictions ont estimé qu'un château égale une propriété viticole. Pour s'appeler « château » sur l'étiquette, il faut donc simplement que l'exploitation, à défaut d'avoir un donjon, existe réellement. Cependant, cela n'autorise pas à mettre n'importe quoi en illustration : l'étiquette doit représenter la réalité. Pas question de reproduire Versailles sur sa bouteille !
Le domaine
En Bourgogne et ailleurs en France, le problème est différent : impossible de donner du château à n'importe quelle bicoque à moins de pouvoir prouver qu'un château y était édifié auparavant (preuves cadastrales à l'appui). Mais un autre mot pose problème : celui de « domaine ». Heureusement pour nous, pauvres consommateurs, son usage est très codifié son utilisation (comme dans « mise en bouteille au domaine ») est strictement réservée aux propriétaires des vignes, de même que la mention « propriétaire-récoltant », ou « viticulteur ».
Avec cette simple règle, on peut déjà fai tri des étiquettes : celles qui mentionne « domaine » concernent forcément un vigneron ou un négociant propriétaire de vignes.
Les super-vins
Pas facile, à la simple lecture des étiquettes, de reconnaître les meilleurs vins de chaque pays. On trouve rarement la mention : « Ce vin est absolument super ». Il est important donc, de noter quelques dénominations synonymes de qualité.
- Sur les étiquettes allemandes,
exiger les mentions « Erzeugerabfüllung », « Weingut » ou « Gutsabfüllung» (mis en bouteille à la propriété).
- Sur les étiquettes de vins italiens doit figurer « Imbottigliato dal viticoltore » ou « dal produttore ».
- En espagnol, on désigne par « Embottelado en origen » la mise en bouteilles à la propriété.
- Sur les étiquettes françaises, « Grand cru classé » figure sur les bouteilles provenant des meilleurs vignobles d'une région, et indique que le vin est élaboré dans le respect de la plus pure tradition. Le prix est en conséquence.
- Sur les étiquettes italiennes, la
mention « Classico » garantit que le vin provient d'une des grandes zones de production vinicole du pays. « Riserva » en italien ou « reserva » dans les pays hispanophones
désigne un vin vieilli, habituellement en barrique, pendant une durée légale.
- Récompenses et médailles indiquent que l'on a affaire à de très bons vins.
Vin de table ou AOC
Maintenant, les choses se compliquent. Des catégories telles que « vin de table » (vino di tavola, vino de mesa), « vin de pays» (indicazione geografica tipica, vino de la tierra) ou encore « appellation d'origine contrôlée » peuvent figurer sur l'étiquette.
Si cela ne vous dit rien, sachez qu'en règle générale, le vin de table est le plus modeste, le vin de pays offre une qualité supérieure tandis que l'AOC représente le dessus du panier. Cependant, ce classement n'est pas tout à fait fiable. En France, par exemple, on produit une grande quantité de vins de table, simples et au faible titrage en alcool mais bien élaborés et parfaits pour tous les jours.
En Italie, la mention vino di tavola peut désigner des vins de qualité et de prix très variables. Comment cela est-il possible ? Tout simplement parce que certains viticulteurs, qui refusent de se soumettre aux règles strictes régissant les AOC, se voient contraints de commercialiser leurs meilleures cuvées sous cette appellation. Ce phénomène existe aussi en Allemagne, bien que dans ce pays la plupart des vignerons répugnent à produire un simple vin de table. Dans le Nouveau Monde, on ignore ce genre de pratique puisque la production de
generic wines, élaborés sans réglementation légale, est autorisée.
Le cépage
Sur une bouteille de vin français on peut trouver mention du cépage. Et si l'étiquette dit que c'est du chardonnay, c'est qu'il y a 100 % de chardonnay dans la bouteille. Ce qui n'est pas le cas pour les vins étrangers. Un cabernet sauvignon californien, annoncé tel quel sur l'étiquette, peut ainsi très bien être à 85 % du cabernet et à 15 % du merlot. Ce qui explique que le cabernet ne donne pas le même goût selon qu'il vient de France ou des États-Unis.
La provenance du vin
Alors que c'est le cas dans les autres pays, les étiquettes des vins commercialisés en Allemagne n'indiquent le plus souvent pas le pays d'origine. Cette information est pourtant capitale. Les vins d'Autriche, d'Italie, d'Espagne ou du Nouveau Monde, s'ils ne portent pas les mentions demi-secco, dulce ou dolce, medium dry ou sweet, sont secs.
De plus, toutes les étiquettes des vins d'appellation d'origine contrôlée (Qualitätsweine, denominazione di origine controllata, denominacion de origen) produits en Europe doivent mentionner précisément la région de production, par exemple « Appellation Bourgogne Contrôlée », ou « Vin d'Alsace ». Cela signifie non seulement que ces vins ont été élaborés avec des raisins provenant des régions citées, mais aussi selon des règles
fixées par la loi.
Dans le Nouveau Monde, où seule la région d'origine des raisins figure sur l'étiquette — il peut s'agir d'un domaine très étendu cette mention n'est pas obligatoire. Ainsi, « Valle Central » désigne par exemple un immense vignoble chilien qui commence à Santiago, au pied des Andes, et s'étend sur 250 km en direction du sud. Mais ici comme dans de nombreux autres pays, l'indication la plus importante, et qui représente un véritable gage de qualité, est le nom du producteur.
Le millésime
Presque toujours présent sur l'étiquette à l'exception des vins de table, où il est interdit, le millésime indique l'année de récolte des raisins. Il est plus déterminant
pour les vignobles plantés dans des régions soumises à de forts aléas climatiques que pour ceux où le temps est relativement constant tout au long de l'année. Ainsi, en Californie, au Chili ou en Australie,
la stabilité du climat permet d'obtenir une qualité constante.
Mais la mention du millésime est importante pour tous les vins, car elle aide à déterminer le moment où ils peuvent être bus. Grosso modo : un vin du Nouveau Monde est à son apogée au bout de deux ou trois ans de bouteille.
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