VIN ITALIE
Le vin d'Italie; des glaciers aux sables du désert: La route des vins Italienne commence dans les régions alpines pour se terminer sous le soleil de Sicile.
Entre Méditerranée et Adriatique, l'Italie occupe une péninsule en forme de botte, traversée sur toute sa longueur par les massifs montagneux de l'Apennin, véritable colonne vertébrale du pays.
Bouteille de Chianti
© Dottorpeni
Cette particularité permet au vignoble italien de bénéficier d'une multitude de climats,
de pentes et de sols uniques au monde, mais elle est également la cause de l'éternelle confusion qui règne au sein des différentes appellations de ce pays producteur en pleine mutation.
Du centre vers les côtes
Comment réunir sous un même drapeau cette palette bigarrée de régions vinicoles, grandes et petites, connues et inconnues ?
En partant du centre peut-être, et en traversant l'impétueuse Toscane jusqu'aux régions côtières, plus conservatrices...
Prenons par exemple le chianti, que tout le monde connaît. Roi des vins italiens, il est originaire de Toscane, au cœur même de l'Italie.
Cette région que nous appellerons « centrale » est dominée par le sangiovese.
Star des vignobles, il est le cépage majoritaire du chianti. Il y a plus d'un siècle, le baron Ricasoli, propriétaire du château de Brolio, imposa le choix de ce cépage "complété par 3 ou 4 autres" dans l'élaboration du chianti classico. Au moût, on ajoutait aussi quelques raisins blancs pour donner de la souplesse au vin. Cette pratique profita aux vignerons mais pas à leur produit: avec l'augmentation de la proportion des raisins blancs, au rendement plus fort, le célèbre chianti (avec l'autorisation du
ministère de l'Agriculture) perdit peu à peu sa couleur et sa réputation.
Mais dans les années 1970, la Toscane devint le principal foyer d'expérimentation viticole et les vignerons de la nouvelle génération y développèrent l'encépagement en merlot et cabernet sauvignon. Associés au sangiovese, ces cépages contribuèrent à l'avènement des « supertoscans », vins de grande classe commercialisés sous l'appellation vini di tavola. Ainsi, les vins cultes comme le carmignano de Conte Bonacossi, le tignanello de la famille Antinori ou encore le sassicaia, l'ornellaia ou le solaia, atteignent des prix astronomiques au détriment des chianti d'appellation qui, pourtant, séduisent par leur simplicité ou, pour les riserva, par leur bouquet délicat.
Au sud de la Toscane, dans la région vallonnée de Colli Senesi, les étés sont plus chauds et plus secs. C'est ici que pousse un clone du sangiovese, qui donne des grains plus gros que le cépage dont il est issu. Appelé brunello autour de la petite ville de Montalcino, il donne un vin corsé, sombre, connu sous le nom de brunello di Montalcino.
Depuis les années 1970, il a conquis le monde des amateurs et celui qui a la chance de pouvoir se l'offrir est séduit par sa saveur charnue, riche et complexe, aux parfums subtils. Plus abordable, le rosso di Montalcino, issu du même cépage, est plus léger et demande une maturation moins longue. En continuant vers l'est, on trouve un vin comparable, le vino nobile di Montepulciano, issu lui aussi d'un clone du
sangiovese, le prugnolo.
Curieusement, le cépage montepulciano, très répandu au sud de l'appellation délimitée du chianti, n'est pas autorisé pour l'élaboration de ce vin.
Sud de l'Italie
vers l'Ombrie, seule région du pays à n'être pas bordée par la mer. Ici,à l'intérieur des terres, il pleut davantage qu'en Toscane, et le climat y est plus frais. Plus attachés à leurs traditions, les habitants apprécient l'orvieto classico, un vin local léger, très convivial et bon marché. Sa qualité progresse constamment et l'on autorise de plus en plus les cépages étrangers, non seulement pour l'élaboration des grands crus (Torgiano rosso riserva et Sagrantino di Montefalco) mais aussi pour celle des vins de tous les jours produits dans les onze domaines que compte l'appellation colli (coll del Trasimento, Perugini, Martiani, etc...).
Le Latium voisin est la patrie du célèbre frascati, issu de trebbiano et de malvasia, tantôt sec, tantôt mœlleux, tranquille ou effervescent, mais aussi du Est ! Est !! Est!!! di Montefiascone. Selon la légende, ce nom serait dû à un évêque allemand qui, en voyage vers Rome en l'an 1100, avait dépêché un domestique en éclaireur avec la mission de marquer du mot « Est » (pour vinum est bonum) les auberges servant du bon vin. Parvenu à Montefiascone, le domestique aima tant le vin blanc local qu'il marqua l'auberge de cette triple exclamation.
Dans les Marches, un peu plus au nord, le verdicchio dei castelli, élaboré à partir du cépage du même nom, se distingue par sa vivacité, tandis que le vernaccia di San Gimignano de Toscane est plus fruité et plus marqué par son terroir.
Plus vers le sud, nous découvrons de nombreux
domaines et appellations plus ou moins confidentielles, dont seul un voyageur séjournant longtemps sur place pourrait goûter tous les produits. Quelques
exceptions, cependant : le primitivo, de la région des Pouilles, un vin rouge complexe, très tannique, souvent vendu sous la dénomination zinfandel et le négroamaro, d'une qualité comparable.
N'oublions pas le ciro de Calabre, plus connu en rouge qu'en blanc, un vin simple, le plus souvent de bonne qualité, bon marché.
Les vins de Sardaigne (comme le blanc vermentino di Gallura) et de Sicile (surtout ceux issus du nero d'Avola), dont la qualité varie de moyenne à remarquable, pourraient bien faire parler d'eux à l'avenir.
Le Nord de l'Italie
Une fois ce rapide tour d'horizon terminé, gagnons maintenant les provinces situées au nord de la Toscane, en commençant par L'Émilie-Romagne. Avec ses célèbres plages bordant l'Adriatique, son tout aussi célèbre lambrusco, un vin rouge perlant, et son sangiovese di Romagna, un rouge de cépage noble de qualité constante, cette région, qui Investit massivement dans les vignobles et
le matériel viticole, nous réserve sans doute encore de bonnes surprises.
Près de Vérone, en Vénétie, on produit le soave, un blanc très sec (l'appellation soave superiore existe depuis 2002), et deux rouges (dont seules les cuvées les plus grossières sont commercialisées), le valpolicella et le bardolino. Le long de la vallée de l'Adige s'étendent les vignobles du Trentin-Haut-Adige. D'influence italienne, le Trentin brille par sa production de vins rouges, le teroldego rotaliano et le marzemino, le premier étant surtout apprécié pour son caractère bien trempé et le second pour son joli nom.
Ici aussi, on tente d'imiter les « supertoscans » en travaillant le cépage cabernet. Quant au Haut-Adige, il a depuis longtemps troqué son modeste petit rouge de tous les jours contre des rouges et des blancs de qualité qui ne répugnent pas à vieillir en barrique.
Plus à l'est, la province du Frioul-Vénétie-julienne est surtout connu pour son prosecco, un vin pétillant portant le nom du cépage dont il est issu. Mais l'appellation grave del Friuli produit aussi, à partir de merlot, de bons rouges frais et légers. Côté Lombard, la franciscorta, appellation des environs de Brescia, donne d'excellents mousseux.
Le Piemont
Siitué au pied embrumé des Alpes il s'est rendu célèbre grâce au barolo et a barbaresco, deux rouges puissants, corsé de très longue garde. Ces vins sont issus du nebbiolo, un cépage dont le nom est déri de nebbia, « brouillard ». D'autres vins piémontais méritent d'être cités : le nebb le barbera, le dolcetto, le grignolino.
Préférez les vins provenant d'appellations limitées dont l'étiquette mentionne le nom d'une Certains vins blancs jouissent d'une grar popularité : le gavi, un pétillant issu de cortese de la province d'Allessandria, est frais et fruité. Le roero, une zone située face aux collines de Langhe, fournit un blanc d'arneis, cépage ancien aux arômes d'agrumes, très fruité, qui compte de nombreux adeptes. En plus de quelques internationaux issus de chardonnay et des vins pétillants asti spumante et moscato d'Asti, la région produit quantité de vins locaux à découvrir.
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