VIN SAINT EMILION
Saint-Émilion et sa colline légendaire illustrent remarquablement la morphologie régionale. Après son retrait, la mer stampienne a laissé un plateau de calcaire dur sur la majeure partie de l’actuel département de la Gironde.
Vignes à Saint-Emilion
© untipografico
Au niveau de Saint-Émilion, ce plateau a été fortement entaillé par la Dordogne au sud, la Barbanne au nord, l’Isle à l’ouest. Il ne reste plus aujourd’hui qu’une petite partie de dalle calcaire, entablement à la forme tourmentée, disséqué par ‘érosion autour du village, entre 60 et 90 m d’altitude.
Saint-Émilion est perché fièrement sur le rebord sud de ce plateau. Les habitants n’ont pas à eu aller chercher bien loin leur matériau de construction : le calcaire à astéries a servi à l’édification de la plupart des bâtiments de Gironde. Assez tendre pour être facilement découpé, assez dure pour résister aux outrages du temps, cette pierre a donné à Saint-Émilion cet aspect à la fois chaleureux et élégant. Les galeries d’où ont été extraites les pierres ont des dimensions majestueuses et servent aujourd’hui de caves d’élevage pour les vins de Saint-Émilion.
En surface, le calcaire s’est lentement transformé sous l’action des agents atmosphériques en un sous sol rouge de cailloutis, d’éclats calcaires mêlés à de l’argile de décalcification. C’est l’un des supports du vignoble, mais ce n’est pas le seul. Sur les versant, ces cailloutis ont été entraînés par gravité sur des pentes. Là, mêlés à la molasse du Fronsadais et parfois à des sables éoliens, ils forment d’excellent sols parfaitement drainés, notamment dans les vignobles à forte déclivité de la côte, qui dominent la plaine de la Dordogne, au sud du village. Ces terrains sont régulièrement alimentés en eau. Les calcaires à astéries fissurés reposent sur des couches argileuses imperméables de la partie supérieure de la molasse du Fronsadais. Ainsi de l’eau de pluie s’infiltre dans le calcaire et sort sous forme de sources au niveau de contact du calcaire et de la molasse. C’est l’origine de la source de La Médaille et du puits des Jacobins dans le village de Saint-Émilion.
Pentes fortes, exposition plein sud, sols parfaitement équilibrés : il n’y a donc rien d’étonnant à retrouver la plupart des premiers grands crus classés de cette appellation sur le rebord sur du plateau. Cependant, l’appellation saint-émilion n’est pas cantonnée au seul plateau sommital et à se pentes molassiques. Deux autres secteurs en font également partie :
- La plaine de la Dordogne où la rivière a déposé au quaternaire des graves et des sables sur une très large superficie. La partie située sur le Libourne constituait autrefois l’AOC sables-saint-émilion (l’une des rares appellations à porter les nom de son terroir) avant d’être rattachée à saint-émilion en 1977. Les vins de plaine sont aimables avec beaucoup de souplesse et de fruité.
- La terrasse caillouteuse en bordure de l’AOC Pomerol. La plus haute terrasse caillouteuse de Pomerol dépasse légèrement la limite administratrice communale, sur la bordure ouest de Saint-Émilion. C’est le terroir des châteaux Figeac et Cheval blanc. Alors que le merlot domine en saint-émilion, les cabernets sont ici en proportion plus importante ; les vins, de logue garde, associent puissance et charpente. De fait, c’est le seul terroir, avec le rebord sud du plateau, qui convient parfaitement au cabernet-sauvignon.
A l’exception de ces deux dernières zones un peu particulières, les appellations environnantes obéissent au même schéma. Au nord de la barbanne, les satellite de l’AOC saint-émilion, lussac, montagne, saint-georges et puisseguin sont installés sur des sites identiques : un plateau de calcaires à astéries qu porte le village, entouré de vallées entaillées dans les molasses sous-jacentes, recouvertes d’éboulis. Cependant, on ne retrouve pas la situation exceptionnelle de bord de côte connu à Saint-Émilion. Ici, la vigne a perdu dans le paysage sa position de monoculture.
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